Séminaire EHESS 2005-2006

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Traiter statistiquement des individus en histoire (EHESS)

Présentation

Voir le programme de ce séminaire ici.

Mercredi, 13h-15h, du 1er mars au 31 mai 2006, au 96 bd Raspail - salle « des artistes » (eh oui !) sauf 2 séances en salle informatique

Le propos général du séminaire est de sensibiliser les étudiants aux différentes approches quantitatives applicables, en histoire, à des données portant sur des individus (données dites « prosopographiques » ou « nominatives », issues de biographies, de recensements, de listes de membres d’organisations…). La première partie du séminaire proposera une réflexion sur les stratégies de codage de l’information à partir des sources et leurs conséquences en termes de recherche. Cela permettra d’aborder quelques grands problèmes posés par l’histoire « quantitative », en particulier en histoire sociale : sélection des sources, stratégies de construction de catégories statistiques… La seconde partie du séminaire fournira un panorama rapide des stratégies de traitement de données individuelles développées au cours des vingt dernières années : analyse factorielle, régression logistique, event history analysis, analyse de séquences, analyse de réseaux sociaux.

L’ambition du séminaire n’est évidemment pas, en une douzaine de séances, de former de véritables historiens quantitativistes. Il s’agit de fournir une initiation qui se donne trois buts :

  • proposer une réflexion sur la place de la quantification au sein des stratégies de recherche de l’historien d’aujourd’hui, qui ne relève pas du choix entre qualitatif et quantitatif, mais d’un usage adapté et contrôlé de la quantification, fondé sur une bonne connaissance de ses forces et de ses faiblesses, sur une adaptation de l’outil à la question posée et aux sources disponibles ;

  • fournir quelques clés de lecture, de façon à ce que même les étudiants qui ne pratiqueront eux-mêmes jamais de quantification puissent se confronter à une bibliographie « quantifiée » en étant aptes à la comprendre et éventuellement à la critiquer ;

  • fournir aux étudiants intéressés des pistes (bibliographies, listes de logiciels, séances d’essai de ces derniers) qui leur permettront, à partir de la seconde année de master, d’approfondir eux-mêmes telle ou telle méthode qui leur serait utile sur leur terrain.

Ainsi, le séminaire ambitionne d’initier les étudiants à de grands débats historiographiques qui ont touché, ces dernières décennies, les différentes sous-disciplines de l’histoire et en particulier de l’histoire sociale (de la démographie historique à l’« histoire des élites »). Plutôt qu’à partir de textes de réflexion théorique, ces débats seront abordés à propos d’exemples précis.

Il s’agit, dans le cadre d’une formation à la recherche par la recherche, d’envisager comment se posent au chercheur les questions de la représentativité ou de l’irréductibilité, de l’« exceptionnalité » ou de la « normalité » des expériences individuelles. Seront ainsi abordés, à partir des problèmes concrets posés par l’usage de telle ou telle méthode sur tel ou tel terrain, le choix des échelles d’étude, le statut de la quantification par rapport à la formulation et à la validation d’hypothèses, les usages de la classification ou de la construction d’idéaux-types, la possibilité d’aborder l’histoire d’institutions, de quartiers ou d’entreprises à partir de l’étude de trajectoires individuelles…

L’accent sera mis sur des exemples de construction d’un objet et d’une stratégie de recherche autorisant un aller et retour entre quantitatif et qualitatif (codage des données informé par une étude qualitative des catégories indigènes, identification de cas particuliers – typiques ou exceptionnels – grâce à des comptages globaux et dans la perspective d’une étude plus approfondie…).

Ce séminaire propose une initiation au traitement des données, mais adopte toujours le point de vue de l’apprenti chercheur en histoire confronté à sa source et à sa problématique, et/ou à une bibliographie employant des techniques quantitatives (le point de vue n’est pas celui du statisticien ou de l’informaticien). Le séminaire ne sera pas une formation à Excel, SAS ou autre logiciel, mais offrira une réflexion sur le statut de la quantification, appuyée sur des exemples de deux ordres :

  • exemples de traitements réalisés dans des articles publiés, qui seront lus et discutés lors de certaines séances du séminaire (articles en français autant que possible, mais aussi articles courts en anglais, dans la mesure où le type de traitement envisagé est plus présent dans les revues d’histoire anglo-saxonnes) ;

  • exemples de données (données issues de mes propres recherches, données publiques disponibles sur le web…) qui pourront être manipulées en salle d’informatique, pour donner aux étudiants une idée de la réalité du travail quantitatif. Les données manipulées, en termes de terrain (période historique, zone géographique, histoire sociale, culturelle ou politique), seront autant que possible choisies en fonction des centres d’intérêt des participants du séminaire.

L’évaluation des étudiants, dans la mesure où elle sera nécessitée par l’intégration dans le master mention « histoire », pourra être réalisée à partir de l’un ou l’autre type d’exercice : fiche de lecture critique ou exposé oral sur un livre ou long article utilisant la quantification, ou bien exercice de codage de données à partir d’une source ou de traitement statistique de données.

Mise en ligne le 28 février 2006.