Autour des méthodes quantitatives

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.

Analyse de réseaux et histoire : une bibliographie

Support d’une intervention pour la préparation de l’agrégation

Notes de la rédaction

Merci à Pierre François qui a organisé les trois séances, depuis 2004, à l’origine de ce travail, et merci aux agrégatifs pour les discussions !


Mes commentaires n’engagent que moi… À noter que nombre de papiers sont maintenant disponibles sur le web si vous faites partie des privilégiés du CNRS (normalement même si vous êtes juste doctorant dans un labo CNRS : voir ici), de l’ENS, de l’EHESS ou autre. Je ne vous fais pas les liens vers jstor and co…

*** : mes préférés

£££ : efficaces pour débuter et comprendre la méthode sur des exemples pas trop compliqués

  • £££ *** Bonnie H. Erickson, “Social Networks and History. A Review Essay”, Historical Methods, Summer 1997, vol. 30, n° 3, p. 149-157. (reste l’introduction la plus courte et la plus pédagogique que je connaisse à l’analyse de réseaux et à quelques travaux historiques l’utilisant)

  • £££ Claire Lemercier, « Analyse de réseaux et histoire », Revue d’histoire moderne et contemporaine, 52-2, avril-juin 2005, p. 88-112. (petite explication de la méthode fondée sur un exemple simple, puis survey très généraliste)

  • Claire Lemercier, « Analyse de réseaux et histoire de la famille : une rencontre encore à venir ? », Annales de démographie historique, 2005, n° 1, p. 7-31 (réflexion plus générale sur les usages du concept de réseaux, pas seulement sur la network analysis – mais centrée sur le thème de la famille, et sous forme de survey).

  • Karen V. Hansen and Cameron L. Macdonald, “Surveying the Dead Informant: Quantitative Analysis and Historical Interpretation”, Qualitative Sociology, 18, 1995, p. 227-236. (article pas spécifiquement “réseaux” mais très intéressant sur le rapport quali-quanti)

  • Naomi Tadmor, Family and Friends in Eighteenth-Century England: Household, Kinship, and Patronage, New York, Cambridge University Press, 2001 (sur le vocabulaire des relations, souvent trompeur et les risques d’anachronisme – ce n’est pas de l’analyse de réseaux)

  • Vincent Gourdon, Scarlett Beauvalet et François-Joseph Ruggiu (dir.), Liens sociaux et actes notariés dans le monde urbain en France et en Europe, Paris, Presses de l’Université de Paris-Sorbonne, 2004 ; en particulier (texte disponible en ligne sur le site de l’auteure) Claire Dolan, « Actes notariés, micro-analyse et histoire sociale : réflexions sur une méthodologie et une pratique », p. 139-151 (belle réflexion de méthode ancrée dans la pratique chez Claire Dolan ; plus globalement constat mitigé sur les apports et surtout les limites de la source ; voir aussi pour sa réflexion sur le caractère conscient ou non des « stratégies en réseau » l’article de Robert Descimon, « Réseaux de famille, réseaux de pouvoir ? Les quarteniers de la ville de Paris et le contrôle du corps municipal dans le deuxième quart du xvie siècle», p. 87-108)

  • José Maria Imizcoz Beunza, « Communauté, réseau social, élites. L’armature sociale de l’Ancien Régime », in Juan Luis Castellano et Jean-Pierre Dedieu (dir.), Réseaux, familles et pouvoirs dans le monde ibérique à la fin de l’Ancien Régime, Paris, CNRS éditions, 1998, p. 31-66. (l’opinion d’un tenant irréductible de la différence entre Ancien Régime et modernité)

  • Charles Wetherell, Andrejs Plakans, Barry Wellman, “Social Networks, Kinship, and Community in Eastern Europe”, Journal of Interdisciplinary History, vol. 24, n°4, Spring 1994, p. 639-663 ; Barry Wellman and Charles Wetherell, “Social Network Analysis of Historical Communities: Some Questions from the Present for the Past”, History of the Family, 1, 1996, p. 97-121 ; Charles Wetherell, “Historical Social Network Analysis”, International Review of Social History, 43, 1998, p. 125-144 (belle propagande pour l’analyse de réseaux en histoire, peu suivie d’effets – le projet était trop anachronique ; reste une étude de corésidence de la parenté).

  • *** Mustafa Emirbayer and Jeff Goodwin, “Network Analysis, Culture and the Problem of Agency”, The American Journal of Sociology, 99, 1994, p. 1411-1454. (à la fois un beau survey et une critique des modèles causaux implicites de l’analyse de réseaux, de la part de sociologues des cultures et langages)

  • Maurizio Gribaudi et Alain Blum, « Des catégories aux liens individuels. L’analyse statistique de l’espace social », Annales ESC, n° 6, 1990, p. 1365-1402 ; Maurizio Gribaudi, « Les discontinuités du social. Un modèle configurationnel », in Bernard Lepetit (dir.), Les formes de l'expérience. Une autre histoire sociale, Paris, Albin Michel, 1995, p. 187-225. (pour moi, des exemples de ce qu’il ne faut pas faire en termes de clarté et d’arguments d’autorité, mais chacun est libre…)

  • Logiciel Siena de Tom Snijders : pour personnes averties (il faut savoir ce qu’est une régression logistique), ce qui se fait de mieux, en évolution constante.

  • Alan MacFarlane, The Family Life of Ralph Josselin, A Seventeenth-Century Clergyman: An Essay in Historical Anthropology, Cambridge, Cambridge University Press, 1970 (monographie souvent citée comme fondatrice, avec une vraie volonté de rigueur voire des formalisations graphiques simples)

  • Darrett B. Rutman and Anita H. Rutman, A Place in Time: Middlesex County, Virginia, 1650-1750, New York, Norton, 1984 (incroyable travail de prosopographie de masse et vision nuancée de la modernisation, trop peu connu en France ! informé par les méthodes de l’analyse de réseaux, sans les appliquer vu la date)

  • Giovanni Levi, Le pouvoir au village. Histoire d’un exorciste dans le Piémont du XVIIe siècle, Paris, Gallimard, 1989 [éd. orig. 1985] (grand classique de la microstoria, qui pense « configurations » et quantifie parfois, mais sans network analysis)

  • *** Claire Dolan, Le notaire, la famille et la ville. Aix-en-Provence à la fin du xvie siècle, Toulouse, Presses de l’Université du Mirail, 1998 (vraiment à lire même si vous n’avez pas une folle passion pour les notaires ni pour Aix ; de la vraie micro-histoire : construction de l’objet, changements d’échelle, usages réfléchis du quali et du quanti…)

  • Paul-André Rosental, Les sentiers invisibles. Espace, famille et migrations dans la France du XIXe siècle, Paris, éditions de l’EHESS, 1999 (ou comment réinventer empiriquement des concepts réseauistes… aussi un classique de la micro-histoire française)

  • Jacques Poloni-Simard, « Liens personnels et milieux sociaux dans une société coloniale de l’Audience de Quito, 1620-1680 », in J. L. Castellano et J.-P. Dedieu (dir.), Réseaux, familles…, op. cit., p. 191-230 (des graphes purs et durs, ce qui, je trouve, ne rend pas justice à la source, mais ça reste une belle étude sur l’ouverture ou la clôture sociale)

  • Solveig Fagerlund, « Women and Men as Godparents in an Early Modern Swedish Town », The History of the Family, 3, 2000, p. 347-357 (petit article sans prétention tiré d’une thèse, d’une grande rigueur méthodologique et plus subtil que la moyenne sur l’usage de cette source pour réfléchir sur la stratification sociale ; bel usage des changements d’échelle)

  • Pierre-Yves Beaurepaire et Dominique Taurisson (éd.), Les ego-documents à l’heure de l’électronique. Nouvelles approches des espaces et des réseaux relationnels, Montpellier, Presses universitaires de Montpellier, 2003, p. 535-544 et www.egodoc.revues.org/octobre2002/. (une autre voie pour réfléchir sur les réseaux, à partir de correspondances et journaux intimes pris au sérieux comme sources textuelles ; usage modérément technique mais souvent fin de la notion de réseau, avec en particulier une volonté de suivi dynamique)

  • £££ Michael C. Alexander and James A. Danowski, “Analysis of Ancient Networks: Personal Communications and the Study of Social Structure in a Past Society”, Social Networks, 12, 1990, p. 313-335 (la société romaine à partir de la correspondance de Cicéron ! les limites de la source sont notées, n’empêche, une proposition de méthode claire et sympathique)

  • £££ Karen Barkey, “The Use of Court Records in the Reconstruction of Village Networks: A Comparative Perspective”, The International Journal of Comparative Sociology, 32, 1991, p. 195-216 (présentation de la source) ; Karen Barkey and Ronan van Rossem, “Networks of Contention: Villages and Regional Structures in the Seventeenth-Century Ottoman Empire”, The American Journal of Sociology, 102(5), March 1997, p. 1345-1382 (des conclusions contestables mais une belle méthode pour agréger les relations inter-personnelles à l’échelle des villages)

  • Sandro Lombardini, « Family, Kin, and the Quest for Community: A Study of Three Social Networks in Early-Modern Italy », The History of the Family, 1996, 3, p. 227-257 (résultats limités par les sources, et à mon avis par des erreurs d’interprétation des blockmodels ; ça reste une introduction pédagogique sur les concepts de réseaux et leurs usages possibles, en particulier pour casser une vision simpliste de la communauté)

  • £££ Claire Lemercier et Paul-André Rosental, « "Pays" ruraux et découpage de l'espace : les réseaux migratoires dans la région lilloise au milieu du XIXe siècle », Population, 55 (4‑5), 2000, p. 691-726 (dommage que la suite que nous avions promise n’arrive pas… une proposition de méthode facilement réplicable pour étudier la mobilité intercommunale à partir de l’état-civil – les réseaux sont des réseaux de communes)

  • *** Georg Fertig, « Zwischen Xenophobie und Freundschaftspreis: Landmarkt und familiäre Beziehungen in Westfalen, 1830-1866 », Jahrbuch für Wirtschaftsgeschichte, Heft 1, 2005, p. 53-76. (partie émergée d’un projet de recherche en cours très riche qui revisite les relations entre liens privés et marchés de la terre, et plus globalement les relations sociales dans le monde rural ; très grande rigueur dans la définition de termes « piégés » comme la confiance ou la famille et dans la construction des tests statistiques)

  • £££ Annales de démographie historique, numéro spécial « Histoire de la famille et analyse de réseaux », n° 1 2005 (articles très clairs mariant souvent une analyse de réseaux descriptive et une régression logistique tentant d’expliquer les positions dans le réseau). Comprend, outre mon papier de survey : Fabrice Boudjaaba, « Parenté, alliance et marché dans la France rurale traditionnelle. Essai d'application de l'analyse de réseaux au marché foncier et immobilier de Saint-Marcel (Normandie) 1760-1824 », p. 33-59 (sur une question similaire à celle de Fertig, étude en réseau complet des acteurs du marché à deux périodes) ; Vincent Gourdon, « Aux coeur de la sociabilité villageoise : une analyse de réseaux à partir du choix des conjoints et des témoins au mariage dans un village d'Ile-de-France au xixe siècle », p. 61-94 (sur les réseaux d’alliance et de témoignage, une étude qui tranche par sa rigueur et ses conclusions nuancées) ; Cristina Munno, « Prestige, intégration, parentèle : les réseaux de parrainage dans une communauté de Vénétie (1834-1854) », p. 95-130 (plus centrée sur la morphologie de l’alliance (renchaînement…), l’étude superpose réseaux de parenté et de parrainage pour opposer différents types de familles) ; Cyril Grange, « Les réseaux matrimoniaux intra-confessionnels de la haute bourgeoisie juive à Paris à la fin du xixe siècle », p. 131-156 (un peu la même méthode que le précédent, sur un terrain très différent ; très clair sur les concepts de network analysis employés) ; Matteo Manfredini and Marco Breschi, « Coresident and Non-coresident Kin in a Nineteenth Century Italian Rural Community », p. 157-172 (ici, pas de network analysis, mais un comptage de la parenté corésidente, en lien avec l’âge et le risque de migrer – traité en event history analysis) ; Frans Van Poppel and Marloes Schoonheim, « Measuring Cultural Differences between Religions using Network Data. An Example based on Nineteenth Century Dutch Marriage Certificates », p. 173-197 (pas d’analyse de réseaux au sens strict non plus, mais une étude des types de témoins (parents ou non) selon la religion).

  • Peter S. Bearman, Relations into Rhetorics. Local Elite Structure in Norfolk, England, 1540-1640, New Brunswick, Rutgers University Press, 1993 (ce livre est un OVNI, comme souvent ce qu’écrit l’auteur – souvent pénible par sa façon d’empiler les analyses et de tout ramener au réseau, mais très malin aussi dans la construction des sources, et agréablement matérialiste ; le chapitre sur les familles est très recommandable, qui prend pour ce qu’ils sont les arbres généalogiques asymétriques où l’on n’est pas le cousin de son cousin).

  • Douglas R. White and Paul Jorion, “Kinship Networks and Discrete Structure Theory: Applications and Implications”, Social Networks, 18, 1996, p. 267-314 ; Lilyan Brudner and Douglas White, “Class, Property and Structural Endogamy: Visualizing Networked Histories”, Theory and Society, 26, 1997, p. 161-208 ; Douglas R. White, Vladimir Batagelj et Andrej Mrvar, « Analyzing Large Kinship and Marriage Networks with Pgraph and Pajek », Social Science Computer Review, 3, 1999, p. 245‑274 (Douglas White est un grand monsieur des graphes et de l’anthropologie de la famille ; sa méthode est très efficace pour déconstruire l’évidence des arbres généalogiques ; l’article de Theory and Society, fondé sur une reconstitution impressionnante à l’échelle d’un village autrichien, est plein de propositions structurales originales)

  • Narda Alcántara Valverde, Silvia Casasola Vargas et Douglas R. White, « The Marriage Core of the Elite Network of Colonial Guatemala », manuscrit soumis, 2002, disponible ici : http://eclectic.ss.uci.edu/~drwhite/pub/core11Casasola.pdf ; Douglas R. White et Ulla C. Johansen, Network Analysis and Ethnographic Problems: Process Models of a Turkish Nomad Clan, Lanham, Lexington Books, 2004 (d’autres exemples d’application de la « méthode White » à des données longitudinales et/ou anciennes)

  • Alberto Palloni, Douglas S. Massey, Miguel Ceballos, Kristin Espinosa et Michael Spittel, « Social Capital and International Migration: A Test Using Information on Family Networks », American Journal of Sociology, 5, 2001, p. 1262-1298 (comment on parle le plus souvent de réseaux à propos des migrations : régressions logistiques ou event history analysis et non analyse de réseaux au sens strict)

  • David Snyder and Edward L. Kick, “Structural Position in the World System and Economic Growth, 1955-1970: A Multiple-Network Analysis of Transnational Interactions”, The American Journal of Sociology, vol. 84, n°5, March 1979, p. 1096-1126 ; David A. Smith and Douglas R. White, “Structure and Dynamics of the Global Economy: Network Analysis of International Trade 1965-1980”, Social Forces, vol. 70, n°4, June 1992, p. 857-893 (le 2e article traite vraiment rigoureusement des données d’échanges bien classiques pour fournir un tableau nuancé des inégalités économiques et de leur évolution ; il répond au 1er, plus limité mais qui fait figure de classique).

  • David Jenkins, “A Network Analysis of Inka Roads, Administrative Centers, and Storage Facilities”, Ethnohistory, vol. 48, n° 4, Autumn 2001, p. 655-687 (pour l’anecdote vu mon incompétence : les réseaux, ça sert même en archéologie !).

  • plus de détails ici

  • Meindert Fennema and Hubert Schijf, "Analyzing Interlocking Directorates: Theory and Method", Social Networks, 1, 1979, p. 297-332 (des précurseurs !)

  • *** Mark S. Mizruchi, The American Corporate Network: 1904-1974, Berverly Hills, Sage, 1982 (reste une référence car vraiment attentif à l’histoire et pas seulement théorisant ; très clair en outre sur les méthodes)

  • £££ William G. Roy, "The Unfolding of the Interlocking Directorate Structure of the United States", American Sociological Review, vol. 48, n° 2, April 1983, p. 248-257 (simple et descriptif mais rigoureux et historique, pour une fois !)

  • Michael D. Ornstein, "Interlocking Directorates in Canada: Evidence from Replacement Patterns", Social Networks, Volume 4, Issue 1, March 1982, p. 3-25 ; Frans N. Stokman, Jelle Van der Knoop and Frans W. Wasseur, "Interlocks in the Netherlands: Stability and Careers in the Period 1960-1980", Social Networks, 10, 1988, p. 183-208 (études de remplacements, ou comment les gestionnaires utilisent le longitudinal : que ne pourrait-on pas faire d’autre avec ces données !)

  • *** Mark S. Mizruchi, “What Do Interlocks Do? An Analysis, Critique, and Assessment of Research on Interlocking Directorates”, Annual Review of Sociology, vol. 22, 1996, p. 271-298 ; Mark S. Mizruchi, “Berle and Means Revisited: The Governance and Power of Large Corporations”, Theory and Society, 2004, n° 33, p. 579-617 (réflexions sur la méthode et bibliographies, très fin, critique et nuancé)

  • *** Pierre-Paul Zalio, « Un monde patronal régional dans les années 1930. Une perspective configurationnelle », in Bernard Convert (dir.), Repenser le marché, Paris, L’Harmattan, Cahiers lillois d’économie et de sociologie, n° 41, 2003, p. 137-176 (très beau papier de sociologie économique et, en fait, d’histoire, vision subtile des sociabilités et des positions multiples des « élites », au-delà des conseils d’administration : clubs etc.)

  • Norman P. Hummon and Patrick Doreian, "Connectivity in a Citation Network: The Development of DNA Theory", Social Networks, 11, 1989, p. 39-63 (belle méthode, mais c’est tout ce qu’il ne faut pas faire pour le choix des sources, qui contraint irrémédiablement le résultat !)

  • *** Douglas R. White and H. Gilman McCann, “Cites and Fights: Material Entailment Analysis of the Eigtheenth-Century Chemical Revolution”, in Barry Wellman and Steven Berkowitz, Social Structures: A Network Approach, Cambridge, Cambridge University Press, 1988, p. 380-399 (au contraire, avec une méthodologie originale – mais pas facile –, une vraie problématique historique sur les changements de paradigme et la façon de les détecter).

  • Peter Harris, “Structural Change in the Communication of Precedent among State Supreme Courts, 1870-1970”, Social Networks, 4, 1982, p. 201-212 (résultats un peu limités vu la date, mais clair et stimulant)

  • £££ Gregoy A. Caldeira, "Legal Precedent: Structures of Communication between State Supreme Courts", Social Networks, 10, 1988, p. 29-55 (papier non historique, mais bilan de la méthode, qu’on aimerait voir appliquer ailleurs !).

  • Ronald S. Burt, "Corporate Society: A Time Series Analysis of Network Structure", Social Science Research, 4, 1975, p. 271-328 (pour l’anecdote, ultra daté dans ses propositions de codage automatique)

  • Peter S. Bearman and Kevin D. Everett, “The Structure of Social Protest, 1961-1983”, Social Networks, 15, 1993, p. 171-200 ; Roberto Franzosi, “The Return of the Actor. Interaction among Social Actors during Periods of High Mobilization (Italy 1919-1922)”, Mobilization, vol. 4, n° 2, Fall 1999, p. 131-149 (ces deux papiers rappellent un peu trop celui de Burt 1975 : un grand raffinement de méthode assis sur des choix de source et de codage vus comme évidents, ce qui fait qu’on récupère à la sortie ce qu’on a mis à l’entrée… cela dit, les projets sont intéressants, cela mérite lecture)

  • Charles Tilly, “Parliamentarization of Popular Contention in Great Britain, 1758-1834”, Theory and Society, 26, 1997, p. 245-273 ; Charles Tilly and Lesley J. Wood, “Contentious Connections in Great Britain, 1828-34”, in M. Diani and D. McAdam (eds.), Social Movements..., infra, chap. 7 (ou comment analyser vraiment des textes en termes de réseaux, sans (trop) imposer son codage exogène au vocabulaire indigène, et en tirer des conclusions)

  • John W. Mohr and Vincent Duquenne, “The Duality of Culture and Practice: Poverty Relief in New York City, 1888-1917”, Theory and Society, vol. 26, n° 2/3, avril-juin 1997, p. 305-356. (avec une méthodologie complexe – peut-être un peu trop par rapport aux résultats –, une étude originale des politiques sociales, de la manière dont elles construisent leurs « objets » et leurs modes d’action par la description de ce que font les organisations charitables)

  • £££ Alberto Maria Banti, Terra e denaro. Una borghesia padana dell’Ottocento,Venezia, Marsilio Editori, 1989 (outre un livre passionnant sur la bourgeoisie et la modernité, un travail de précurseur avec de la vraie analyse de réseaux, sur l’adoption d’une innovation : l’usage d’engrais ; ça vaut la peine même si on ne parle pas italien !)

  • Peter S. Bearman, “Desertion as Localism: Army Unit Solidarity and Group Norms in the US Civil War”, Social Forces, 70, 1991, p. 321-342 (étude classique dans le genre « les attributs ne marchent pas, essayons les liens », très clair sur les méthodes – mais sans analyse formelle de réseaux)

  • *** John F. Padgett and Christopher K. Ansell, “Robust Action and the Rise of the Medici, 1400-1434”, The American Journal of Sociology, 98, 1993, p. 1259-1319 (un grand classique à lire absolument, sur les réseaux, leur construction, la théorie de l’action et autres, et à compléter par tout ce que Padgett a fait depuis, en attendant son livre !)

  • Roger V. Gould, “Patron-Client Ties, State Centralization and the Whiskey Rebellion”, The American Journal of Sociology, 102, 1996, p. 400-429 (malheureusement pour l’excellent et regretté R. Gould, un exemple de ce qu’il ne faudrait pas faire, vu les sources et les effectifs traités… mais les hypothèses restent intéressantes)

  • David A. Snow, Louis A. Zurcher, Sheldon Ekland-Olson, “Social Networks and Social Movements: A Microstructural Approach to Differential Recruitment”, American Sociological Review, 45, 1980, p. 787-801 ; Doug McAdam and Ronnelle Paulsen, “Specifying the Relationship between Social Ties and Activism”, The American Journal of Sociology, vol. 99, n°3, November 1993, p. 640-667 ; Mario Diani and Doug McAdam (eds.), Social Movements and Networks. Relational Approaches to Collective Action, Oxford/New York, Oxford University Press, 2003, en particulier les chap. 10 (Roger V. Gould, "Why do Networks Matter? Rationalist and Structuralist Interpretations") et 12 (Doug McAdam, "Beyond Structural Analysis: Toward a More Dynamic Understanding of Social Movements") (références non historiques mais classiques sur l’intéressante question du rapport liens-identités)

  • Roger V. Gould, Insurgent Identities. Class, Community and Protest in Paris from 1848 to the Commune, Chicago and London, The University of Chicago Press, 1995 ; Roger V. Gould, “Multiple Networks and Mobilization in the Paris Commune, 1871”, American Sociological Review, 56, 1991, p. 716-729 (réflexion dans la lignée des précédentes, sur un terrain historique ; vaut plus par les hypothèses théoriques stimulantes que par les résultats – pas assez de sources).

  • *** John P. Willerton, “Patronage Networks and Coalition Building in the Brezhnev Era”, Soviet Studies, vol. 39, n° 2, April 1987, p. 175-204 ; John P. Willerton, Patronage and Politics in the USSR, Cambridge, Cambridge University Press, 1992 (pour enfin sortir des visions trop simples des factions politiques !) ;

  • *** Thierry Rentet, “Network Mapping: Ties of Fidelity and Dependency among the Major Domestic Officers of Anne de Montmorency”, French History, vol. 17, n°2, June 2003, p. 109-126 (un Français qui a réinventé dans son coin, avec un talent certain, l’analyse de réseaux : malgré son graphe peu lisible, ses conclusions sont extrêmement fines)

  • *** Naomi Rosenthal, Meryl Fingrutd, Michele Ethier, Roberta Karant and David McDonald, “Social Movements and Network Analysis: A Case Study of Nineteenth-Century Women’s Reform in New York State”, The American Journal of Sociology, 90, 1985, p. 1022-1054 ; Naomi Rosenthal, David McDonald, Michele Ethier, Meryl Fingrutd and Roberta Karant, “Structural Tensions in the Nineteenth-Century Women’s Movement”, Mobilization, vol. 2, n° 1, March 1997, p. 21-46 (modèle incontournable et non dépassé – malgré leurs limites, mais qui a essayé ? – d’études de liens entre organisations, à l’échelle nationale puis locale)

  • £££ *** Maryjane Osa, “Mobilizing Structures and Cycles of Protest: Post-Stalinist Contention in Poland, 1954-1959”, Mobilization, vol. 6, n° 2, 2001, p. 211-231 ; Maryjane Osa, "Networks in Opposition: Linking Organizations through Activists in the Polish People’s Republic”, in M. Diani and D. McAdam (eds.), Social Movements..., infra, chap. 4 ; Maryjane Osa, Solidarity and Contention. Networks of Polish Opposition, University of Minnesota Press, 2003 (met l’analyse formalisée à sa juste place, celle d’un complément de démonstration ; clair, simple et convaincant)

  • £££ *** Carola Lipp et Lothar Krempel, “Petitions and the Social Context of Political Mobilization in the Revolution of 1848/49. A Microhistorical Actor Centered Network Analysis”, International Review of Social History Supplement, n° 9, 2001, p. 151-170 ; Carola Lipp, “Kinship Netorks, Local Government, and Elections in a Town in Southwest Germany, 1800-1850”, Journal of Family History, October 2005, p. 347-365 ; voir aussi divers documents en ligne issus du même projet, là aussi et encore là entre autres (à la fois de la vraie histoire sociale et politique et de la vraie analyse de réseaux, avec une subtilité inégalée, à partir d’une base de données à la fois individuelles (de tous ordres) et liées à la signature de multiples pétitions ; véritable projet d’étude dynamique, en particulier sur la diffusion de la mobilisation)

  • £££ *** François Denord, « Genèse et institutionnalisation du néo-libéralisme en France (années 1930-années 1950) », thèse de doctorat de sociologie, dir. Rémi Lenoir, EHESS, 2003 (on attend la publication… particulièrement intéressant sur la complémentarité entre prosopographie à la française, analyse factorielle à la Bourdieu et analyse de réseaux)

Mise en ligne le 9 mai 2006.