Autour des méthodes quantitatives

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Interlocking directorates : une bibliographie introductive

Cette bibliographie a été réalisée pour un séminaire de Pierre-Cyrille Hautcoeur, le 11 mai 2006. Le choix d'articles dans la troisième partie est plus issu de la serendipity que d'une quelconque rationalité : le champ est trop foisonnant. Mais il est bien balisé par leurs auteurs eux-mêmes : on peut s'y retrouver à partir de leurs bibliographies.

  • G. William Domhoff, « Interlocking Directorates in the Corporate Community », août 2005. Cet article fait partie du site Power in America, établi par un sociologue, avec un propos clairement politique, comme annexe de son livre Who rules America: Power, Politics and Social Change, New York, McGraw-Hill, 5e éd. 2005. Cela étant, l'article présente très clairement la technique à partir de données actuelles, formule des hypothèses intéressantes sur les évolutions récentes et fournit une bonne bibliographie de départ.

  • Mark S. Mizruchi, « What Do Interlocks Do? An Analysis, Critique, and Assessment of Research on Interlocking Directorates », Annual Review of Sociology, vol. 22, 1996, p. 271-298. Survey substantiel et sans concessions sur les failles (théoriques et pratiques) de la méthode. S'il ne fallait en lire qu'un, ce serait celui-là.

  • Mark S. Mizruchi, « Berle and Means Revisited: The Governance and Power of Large Corporations », Theory and Society, 2004, n° 33, p. 579-617. Réflexion plus engagée politiquement et centrée sur les thèses managérialistes. Plus historique, moins méthodologique que le précédent.

  • Bernard Convert et Johan Heilbron, « La réinvention américaine de la sociologie économique », L'Année sociologique, 2005, 55, n° 2, p. 329-364. Pour comprendre comment se situent les auteurs évoqués ici dans l'histoire de la sociologie.

  • On trouvera ailleurs sur le présent site diverses ressources (bibliographies, liens...) sur l'analyse de réseaux.

  • http://thecorporatelibrary.com : si l'on veut accéder aux données qu'utilisent les managers sur la question, ou se demander pourquoi ils le font.

  • http://www.theyrule.net : si l'on veut « jouer » (en Flash) avec ce genre de données, et voir comment les autres internautes jouent avec. L'auteur du site, lui, se réfère à Marx pour voir dans les directeurs « a band of hostile brothers ».

  • http://www-personal.umich.edu/~mizruchi/data.htm : accès aux données de Mark S. Mizruchi, The Structure of Corporate Political Action: Interfirm Relations and Their Consequences, Cambridge, MA, Harvard University Press, 1992. Il s'agit d'éléments sur les liens (surtout interlocks), les attributs économiques et les activités politiques de 57 entreprises au moment de l'élection de 1980.

  • Mark S. Mizruchi and David Bunting, « Influence in Corporate Networks: An Examination of Four Measures », Administrative Science Quarterly, 1981, 26, p. 475-489. Clair et précis sur les différences entre mesures de centralité, alors en construction.

  • Mark S. Mizruchi, The American Corporate Network: 1904-1974, Berverly Hills, Sage, 1982. Reste une référence pour les études empiriques ; très clair sur les méthodes de description.

  • Michael D. Ornstein, « Interlocking Directorates in Canada: Evidence from Replacement Patterns », Social Networks, Volume 4, Issue 1, March 1982, p. 3-25. Proposition, très descriptive, sur la façon de différencier des liens plus ou moins importants ou accidentels.

  • Ronald S. Burt, « Firms, Directors and Time in the Directorate Tie Market », Social Networks, 5, March 1983, p. 13-49. Une modélisation de notre question dans le cadre des théories plus générales de Burt sur le pouvoir et la contrainte. Tente d'adopter à la fois le point de vue des firmes et celui des individus.

  • William G. Roy, « The Unfolding of the Interlocking Directorate Structure of the United States », American Sociological Review, vol. 48, n° 2, April 1983, p. 248-257. Description claire et efficace de l'évolution (autour de 1900) des liens entre secteurs économiques.

  • Philip Bonacich and William G. Roy, « Centrality, Dominance, and Interorganizational Power in a Network Structure: Interlocking Directorates Among American Railroads, 1886-1905 », Journal of Mathematical Sociology, 1986, 12, p. 127-137. Une proposition pour détecter des clusters de directeurs et de firmes plutôt qu'une organisation centre-périphérie.

  • Mark S. Mizruchi and Linda Brewster Stearns, « A Longitudinal Study of the Formation of Interlocking Directorates », Administrative Science Quarterly, 1988, 33, p. 194-210. Une étude de la création de liens nouveaux intéressante par sa prise en compte de facteurs d'environnement économique ; mais la taille du corpus n'est pas en rapport avec la méthode utilisée.

  • Frans N. Stokman, Jelle Van der Knoop and Frans W. Wasseur, « Interlocks in the Netherlands: Stability and Careers in the Period 1960-1980 », Social Networks, 10, 1988, p. 183-208. Prise en compte plus claire qu'ailleurs du versant « carrière individuelle des directeurs ».

  • Aldo Musacchio, « Did Well Connected Directors Add Value? Network Centrality and Investor Valuation in Brazil and Mexico, 1905-1909 », octobre 2004 et Aldo Musacchio and Ian Read, « Bankers, Industrialists, and Their Cliques: Elite Networks in Mexico and Brazil during Early Industrialization », Harvard Business School Working Paper, No. 06-048, 2006. La comparaison entre les structures des réseaux dans deux pays (clusters dans l'un, centre-périphérie dans l'autre) mise au service d'une réflexion institutionnaliste. Papiers très clairs sur la méthode.

  • Pierre-Paul Zalio, « Un monde patronal régional dans les années 1930. Une perspective configurationnelle », in Bernard Convert (dir.), Repenser le marché, Paris, L’Harmattan, Cahiers lillois d’économie et de sociologie, n° 41, 2003, p. 137-176. Une analyse de réseaux plus sociologique qu'économique, ajoutant d'autres liens (clubs...) à ceux concernant les conseils d'administration.

  • Marc Flandreau et Clemens Jobst, « The Ties that Divide: A Network Analysis of the International Monetary System, 1890-1910 », The Journal of Economic History, December 2005, vol. 65, n° 4, p. 977-1007 (version préliminaire ici). Une utilisation de l'analyse de réseaux pour donner du contenu aux notions de « centre » et de « périphérie » dans le domaine monétaire.

  • David A. Smith and Douglas R. White, « Structure and Dynamics of the Global Economy: Network Analysis of International Trade 1965-1980 », Social Forces, vol. 70, n°4, June 1992, p. 857-893. Autre illustration des apports descriptifs de l'analyse de réseaux, cette fois à propos de flux commerciaux entre pays.

Mise en ligne le 9 mai 2006.