Séminaire EHESS 2005-2006

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Traiter statistiquement des individus en histoire (EHESS)

Pistes bibliographiques - L'analyse factorielle

  • Une présentation générale pour historiens, très claire et sans formules, dans Alain Guerreau, Statistiques pour historiens, en ligne : http://elec.enc.sorbonne.fr/statistiques/stat2004.pdf, p. 47-61.

  • Une analyse très fine et claire de la complémentarité entre analyse factorielle, pour décrire/explorer, et régression logistique, pour modéliser/expliquer (avec un exemple d'étude de cas sociologique) : Félicité des Nétumières, « Méthodes de régression et analyse factorielle », Histoire & Mesure, 1997, XII-3/4, p. 271-298.

  • Pour comprendre d’où vient la méthode et son association en France avec la sociologie bourdieusienne, des pistes dans Olivier Martin, « Aux origines des idées factorielles. Des théories aux méthodes statistiques », Histoire & Mesure, 1997, XII-3/4, p. 197-250 [un peu technique] et Paul-André Rosental, « Outil ou fétiche : la laïcisation de l’analyse factorielle dans les sciences sociales », Histoire & Mesure, 1997, XII-3/4, p. 185-196 [très général mais suggestif].

  • Le manuel classique est Philippe Cibois, L’analyse factorielle : analyse en composantes principales et analyse des correspondances, Paris, Puf, 2000 (5e éd.). Si l’on s’autorise à « zapper » les parties trop riches en formules et à se concentrer sur les exemples traités, cela reste une très bonne introduction au sens de la méthode. En revanche les explications sur la façon de lire les graphes sont succinctes.

  • Un complément du même auteur (accessible à tous) s’impose donc , qui expose très clairement quelques problèmes classiques d’interprétation : Philippe Cibois, « Les pièges de l’analyse des correspondances », Histoire & Mesure, 1997, XII-3/4, p. 299-320.

  • Mise en œuvre : les logiciels de statistiques « généralistes » (de type SAS, Stata, etc.) permettent de réaliser ce type d’analyses ; il existe aussi des macros pour Excel, dont celles proposées par Jean-Pierre Georgin, Analyse interactive des données (ACP, AFC) avec Excel 2000, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2002, qui explique les méthodes sans « boîte noire » et propose des macros sur CD. Pour faire les graphiques seulement, je dispose aussi d’une macro Excel que je tiens à votre disposition.

  • Même s’il demande de petits efforts de préformatage des données, un logiciel libre reste très recommandable : Tri-deux, de Philippe Cibois, qui réalise aussi tableaux croisés (de façon plus commode qu’Excel), tests d’indépendance (khi-deux) et certaines régressions : voir http://perso.wanadoo.fr/cibois/SitePhCibois.htm (avec également des articles-études de cas).

  • Pour aller plus loin : site personnel de Brigitte Le Roux : http://www.math-info.univ-paris5.fr/%7Elerb/index.html qui présente les derniers raffinements de la méthode.

Penser également aux analyses textuelles, qui emploient abondamment l'analyse factorielle (cf. http://lemercier.ouvaton.org/document.php?id=95).

Quelques mises en oeuvre classiques dans le cadre de la sociologie bourdieusienne des intellectuels :

  • Pierre Bourdieu, La noblesse d'état, Paris, Éditions de Minuit, 1989 [de loin son livre qui emploie le plus cette méthode, avec La distinction (Paris, Éditions de Minuit, 1979), pour décrire l'espace des grandes écoles, celui du patronat, etc., à une bonne douzaine de reprises] ;

  • Gisèle Sapiro, « La raison littéraire. Le champ littéraire français sous l’Occupation (1940-1944) », Actes de la recherche en sciences sociales, n° 111-112, mars 1996, p. 3-35 ;

  • Frédéric Lebaron, « La dénégation du pouvoir. Le champ des économistes français au milieu des années 1990 », Actes de la recherche en sciences sociales, n° 119, septembre 1997, p. 3-26 [très clair sur le statut des variables actives et supplémentaires et des individus dans l'analyse].

Rendons hommage à l'introducteur de la méthode en histoire :

  • Antoine Prost, Les anciens combattants et la société française : 1914-1939, tome 2, Sociologie, Paris, Presses de la FNSP, 1977 [quelques analyses particulièrement subtiles, en particulier sur les dates de présence au front] ;

  • Antoine Prost, « La population d’Orléans en 1911 : une enquête d’histoire sociale informatisée », Histoire & Mesure, 1989, IV-1/2, p. 121-146 [analyse simple et classique, posant également des questions d'échantillonnage] ;

  • et surtout Antoine Prost et Christian Rosenzveig, « La Chambre des députés (1881-1885). Analyse factorielle des scrutins », Revue française de science politique, février 1971, p. 5-50 [impressionnant pour l'époque avec ses graphes en couleurs, et encore passionnant : comment tenter une classification des députés et des problèmes politiques en fonction des votes observés ?]

D'autres études de cas plutôt simples à comprendre :

  • Jean-Marie Dréano, « Les discours sur la commune française : les voies d’un consensus. Le cas du Midi méditerranéen de 1884 à nos jours », Histoire & Mesure, 1997, XII-3/4, p. 337-360 [ce n’est pas l’analyse directe du corpus textuel, mais une analyse factorielle après codage des argumentations ; intéressant en particulier sur le traitement des évolutions chronologiques].

  • Gilbert Eggimann, « Révolution industrielle et espace urbain : le cas genevois », Histoire & Mesure, 1986, I-2, p. 69-84 [étude des activités par rue, pour vérifier un écart à la « moyenne » de certaines rues].

  • Christiane Janssen, « La politique de classement sans suite du ministère public en Belgique, 1836-1982 », Histoire & Mesure, 1991, VI-3/4, p. 313-347 [l’analyse factorielle est en particulier utilisée pour affiner une chronologie].

  • Suzy Pasleau, « Cartographie et analyse factorielle. Le bassin de Seraing entre 1866 et 1910 », Histoire & Mesure, 1990, V-3/4, p. 271-313 [beaucoup de détails sur les méthodes et les données ; la question est « comment classer », en l’espèce délimiter des régions selon de très nombreux critères].

  • Jean-Pierre Pélissier et Danièle Rebaudo, « Une approche de l’illettrisme en France. La signature des actes de mariage au xixe siècle dans « l’enquête des 3 000 familles » », Histoire & Mesure, 2004, XIX-1/2, p. 161-202 [après moult tris croisés, l’analyse factorielle résume les corrélations entre facteurs].

Pablo G. Ciezar, « Sériation de la nécropole wisigothique de Duraton (Ségovie, Espagne) », Histoire & Mesure, 1990, V-1/2, p. 107-144 [cet article est plus difficile à lire mais montre le potentiel de la méthode pour obtenir des classifications].

Mise en ligne le 20 avril 2006.