Autour des méthodes quantitatives

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Analyse de réseaux : quelle valeur ajoutée pour des études structurales ?

Michael C. Alexander and James A. Danowski, “Analysis of Ancient Networks: Personal Communications and the Study of Social Structure in a Past Society”, Social Networks, 12, 1990, p. 313-335

  1. Sources : correspondance de Cicéron, mentions d’interactions entre individus rapportées à leur position sociale (notamment chevaliers/sénateurs).

  2. Valeur ajoutée de l’approche réseau : formaliser de différentes façons la question « y a-t-il clôture entre groupes sociaux ? » et permettre des réponses contrôlées.

Karen Barkey and Ronan van Rossem, “Networks of Contention: Villages and Regional Structures in the Seventeenth-Century Ottoman Empire”, The American Journal of Sociology, 102(5), March 1997, p. 1345-1382

  1. Sources : archives judiciaires : mentions d’interactions entre personnes, reformulées comme des interactions entre villages.

  2. Valeur ajoutée de l’approche réseau : permettre une vision complexe et nuancée d’une structure centre-périphérie (plusieurs degrés, plusieurs sous-types…).

Lilyan Brudner and Douglas White, “Class, Property and Structural Endogamy: Visualizing Networked Histories”, Theory and Society, 26, 1997, p. 161-208

  1. Sources : généalogies, héritages et ventes de terres sur plusieurs siècles.

  2. Valeur ajoutée de l’approche réseau : casser la représentation classique des généalogies et mieux visualiser l’endogamie ; voir celle-ci non en termes « oui/non » mais en termes de degré ; mettre en relation liens familiaux et économiques.

Charles Tilly, “Parliamentarization of Popular Contention in Great Britain, 1758-1834”, Theory and Society, vol. 26, n° 2/3, avril-juin 1997, p. 245-273

  1. Sources : corpus de pétitions. Ce sont les mots qui sont traités de façon relationnelle. Exemple : étude de la structure de la relation « revendiquer auprès de » à partir de phrases comme « les habitants de Leeds revendiquent auprès des Communes que… ».

  2. Valeur ajoutée de l’approche réseau : permettre de représenter des interactions complexes entre groupes et institutions, avec une comparabilité dans le temps qui permet par exemple d’argumenter sur la centralité croissante du Parlement.

Maryjane Osa, Solidarity and Contention. Networks of Polish Opposition, University of Minnesota Press, 2003

  1. Sources : listes de membres d’organisations ou mentions d’appartenances individuelles, reconstituées à partir de sources écrites et orales.

  2. Valeur ajoutée de l’approche réseau : permettre de représenter une structure changeante des relations entre mouvements d’opposition, en quantifiant la centralité de certains (qui s’en trouve revalorisée), en différenciant extension et densification de l’opposition ou encore en pointant ses points faibles.

Claire Lemercier et Paul-André Rosental, « "Pays" ruraux et découpage de l'espace : les réseaux migratoires dans la région lilloise au milieu du XIXe siècle », Population, 55 (4‑5), 2000, p. 691-726

  1. Sources : mentions de lieu de naissance et de résidence au mariage sur des actes de mariage, transformées en données de flux entre communes.

  2. Valeur ajoutée de l’approche réseau : permettre de sortir de modèles simples et opposés (« micro-mobilité » au hasard ou exode rural ou « pays » fermés) pour décrire une structure plus complexe et déterminer quels y sont les principaux clivages (en l’espèce linguistiques).

Mark S. Mizruchi, The American Corporate Network: 1904-1974, Berverly Hills, Sage, 1982

  1. Sources : listes de membres de conseils d’administration.

  2. Valeur ajoutée de l’approche réseau : fournir quelques indicateurs comparables entre périodes pour statuer sur différentes hypothèses, par exemple la centralité des banques.

John F. Padgett and Christopher K. Ansell, “Robust Action and the Rise of the Medici, 1400-1434”, American Journal of Sociology, 98, 1993, p. 1259-1319

  1. Sources : données sur les mariages et les relations économiques entre familles notables (données surtout secondaires dans cet article, complétées ensuite par des sources primaires).

  2. Valeur ajoutée de l’approche réseau : permettre de comprendre des choix politiques qui paraissent indépendants d’attributs plus classiques, sans s’en tenir à mentionner « l’appartenance à un réseau » mais en tenant compte de sa structure (liens redondants ou pas, multi-domaines ou pas…).

Naomi Rosenthal, Meryl Fingrutd, Michele Ethier, Roberta Karant and David McDonald, “Social Movements and Network Analysis: A Case Study of Nineteenth-Century Women’s Reform in New York State”,  The American Journal of Sociology, 90, 1985, p. 1022-1054 ; Naomi Rosenthal, David McDonald, Michele Ethier, Meryl Fingrutd and Roberta Karant, “Structural Tensions in the Nineteenth-Century Women’s Movement”, Mobilization, vol. 2, n° 1, March 1997, p. 21-46

  1. Sources : données biographiques sur l’appartenance à des organisations (premier article) et listes de membres (deuxième article).

  2. Valeur ajoutée de l’approche réseau : permettre de statuer sur des questions pendantes sur les liens entre organisations (les féministes sont-elles centrales ? par exemple) et de comparer des structures de liens dans le temps ou dans l’espace.

David A. Smith and Douglas R. White, “Structure and Dynamics of the Global Economy: Network Analysis of International Trade 1965-1980”, Social Forces, vol. 70, n°4, June 1992, p. 857-893

  1. Sources : données sur le commerce entre pays d’un certain nombre de biens pendant plusieurs périodes.

  2. Valeur ajoutée de l’approche réseau : permettre d’affiner un modèle centre-périphérie : combien de degrés de périphérie ? des différences entre types de biens ? etc.

Douglas R. White and H. Gilman McCann, “Cites and Fights: Material Entailment Analysis of the Eigtheenth-Century Chemical Revolution”, in Barry Wellman and Steven Berkowitz, Social Structures: A Network Approach, Cambridge, Cambridge University Press, 1988, p. 380-399

  1. Sources : citations recueillies dans des ouvrages de chimie (plus précisément, co-citations : quels auteurs sont toujours associés ou toujours cités séparément).

  2. Valeur ajoutée de l’approche réseau : description fine, voire objectivation, de notions comme les courants/écoles scientifiques séparés, voire le changement de paradigme (pointé dans une période où la structure de co-citation devient moins ordonnée, moins hiérarchique).

Mise en ligne le 7 mars 2006.